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Chronologie

Des dates en pagaille autour des technologies digitales.

L’origine de l’informatique est souvent posée en 1801, année de commercialisation du métier à tisser Jacquard. Ce métier à tisser révolutionne l’industrie textile en permettant la création de motifs complexes à partir d’une seule et même machine. Le métier Jacquard comporte en effet un système de lecture de cartes perforées, des cartes qui contiennent le "code" de motifs qui sont lus ligne par ligne par la machine, dessinant les motifs qui reposaient autrefois sur le savoir faire des fileuses.

La première machine à calculer est l’Arithmomètre commercialisée vers 1851, et qui trouve sa place dans de nombreux bureaux comptables. Capables d’additionner, soustraire, multiplier et diviser grâce au cylindre cannelé du philosophe Leibniz. C’est un succès industriel, les calculatrices sont clonées par de nombreux fabricants en Europe et en Amérique. Le déplace des curseurs, puis tourne une manivelle et le résultat s’affiche. L’arithmomètre réalise une seule opération à la fois.

Herman Hollerit, un ingénieur liée à l’administration américaine dépose en 1887 un brevet pour une machine lisant les cartes perforées destinée à servir au recensement de population de 1990. Il a participé à celui de 1880, qui a demandé 9 ans de dépouillement et d’analyse, et entend bien accélérer le processus grâce à sa machine électro-mécanique et une carte comportant 210 perforations.
Son invention permettra en effet de faire le recensement de 1890 en 3 ans, avec une précision plus grande qu’un dépouillement humain et la possibilité de faire des recherches statistiques de manière beaucoup plus rapide. Combien de femmes dans tel état, combien de personnes d’origine russe dans telle autre, combien de personnes de plus de 30 ans dans telle autre encore ? La machine de Hollerith permet de trier les cartes selon un critère, et d’incrémenter des compteurs, avec au bout du traitement des chiffres précis et des cartes à nouveau employables.

La société Computing Tabulating Recording Company (CTR) est fondé le 16 juin 1911. Elle résulte de la fusion de la Computing Scale Company et de la Tabulating Machine Company.
Charles Ranlett Flint, un spécialiste des trust (il a fait fortune en fusionnant des entreprises de caoutchouc et des fabricants de chewing-gum) a opéré la fusion.
En 1924, le nom est changé définitivement pour International Business Machines Corporation.
IBM trouve ses origines dans des partenariats avec l’état américain. Hollerith, un de ses pères fondateurs, est l’inventeur de la carte perforée créée pour le recensement de la population. Cette relation forte à l’état mais aussi à la recherche militaire va en faire une entreprise stratégique dans l’histoire de l’informatique. Mais IBM va vendre ses systèmes informatiques à l’industrie principalement américaine dès ses débuts. Dans les années 70 et 80 elle est la première capitalisation boursière au monde.

L’ENIAC est le premier ordinateur entièrement électronique construit pour être Turing-complet. Il peut être reprogrammé pour résoudre, en principe, tous les problèmes calculatoires.

Mais c’est une machine qui ne travaille pas en binaire mais avec un système décimal. Trop compliqué, trop lié à la façon dont les humains calculent, cette méthode sera rapidement abandonnée pour le calcul binaire, plus robuste.

Physiquement l’ENIAC est une grosse machine, il contient 17 468 tubes à vide, 7 200 diodes à cristal, 1 500 relais, 70 000 résistances, 10 000 condensateurs et environ 5 millions de soudures faites à la main3. Son poids est de 30 t pour des dimensions de 2,4 × 0,9 × 30,5 m occupant une surface de 167 m2 (1 800 pieds carrés). Sa consommation est de 150 kW.

L’ENIAC utilise un compteur à anneaux à 10 positions pour enregistrer les chiffres. L’arithmétique est réalisée en comptant les pulsations avec les anneaux et en générant des pulsations lorsque le compteur fait un tour. L’idée revient en fait à émuler par l’électronique les systèmes de roue à chiffres de machines mécaniques.

Sa capacité est de 20 nombres à 10 chiffres signés permettant chacun de réaliser 5 000 additions simples chaque seconde (pour un total de 100 000 additions par seconde). Il ne peut en revanche gérer que 357 multiplications ou 38 divisions par seconde.

Il utilise des tubes à vide à 8 broches, les accumulateurs décimaux sont réalisés avec des flip-flops 6SN7, alors que les fonctions logiques utilisent des 6L7, 6SJ7, 6SA7 et 6AC7. De nombreux 6L6 et 6V6 servent de relais pour acheminer les pulsations entre les différents racks d’éléments.

À la suite des travaux sur les semi-conducteurs, le transistor a été inventé le 23 décembre 1947 par les Américains John Bardeen, William Shockley et Walter Brattain, chercheurs des Laboratoires Bell.

Pour le décrire de manière imagée, un transistor comporte 3 contacts : un des contacts reçoit de l’électricité avec un faible voltage, ce qui permet de contrôler l’électricité d’un voltage supérieur passant entre les 2 autres contacts.
Ceci permet d’amplifier un signal, un signal faible pilotant un signal plus fort.

De manière plus technique transistor bipolaire est un amplificateur de courant, on injecte un courant dans l’espace base/émetteur afin de créer un courant multiplié par le gain du transistor entre l’émetteur et le collecteur.

Il permet de passer en quelques années de l’ère de l’électromécanique à celle de l’électronique. Les transistors sont d’autant plus efficaces qu’ils sont petits, ce qui va permettre la miniaturisation continue des puces électroniques et l’envolée des capacités des ordinateurs.

Spoutnik 1est le premier satellite artificiel de la Terre construit par l’ingénieur Sergueï Korolev. Lancé par l’URSS et mis sur orbite le 4 octobre 1957, par la fusée R-7, il tournait autour de la Terre en environ 98 minutes en émettant un « bip-bip » sur les fréquences radio de 20 005 et 40,002 MHz jusque le 4 janvier 1958, jour où elle se déintégra en rentrant dans l’atmosphère.
Il s’agissait d’une sphère de 58 cm de diamètre, d’une masse de 83,6 kg. Satellisé sur une orbite elliptique à une altitude comprise entre 230 et 950 km. Intimement lié à la guerre froide, Spoutnik ouvre aussi la conquête spatiale, mais va surtout précipiter la création de la DARPA, la Advanced Research Projects Agency.

Grossièrement, on associe Internet aux suites de la deuxième guerre mondiale, et plus précisément au lancement de Spoutnik en 1957.
Le 7 février 1958, le président Eisenhower signa la directive 5105.15 donnant naissance à l’ARPA, avec pour objectif de faire en sorte que la technologie de l’armée américaine reste supérieure à celle de ses ennemis. Son rôle est notamment d’anticiper les menaces nouvelles produites par les développements technologiques.
Les projets lancés par la DARPA furent d’abord axés sur l’espace et les missiles, avant que ses activités spatiales ne soient transférées à la NASA et le renseignement satellitaire au NRO. L’un des premiers projets gérés par l’agence fut le programme Transit en 1958 : il s’agissait d’un système de navigation par satellite, précurseur du GPS.

C’est en tous cas des universitaires liés à la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) qui vont faire émerger l’idée d’un réseau interconnecté, pour améliorer la communication entre centres de recherche, optimiser l’emploi des supercalculateurs mais aussi pour assurer une liaison en cas d’attaque (avec le nucléaire en tête).

Paul Baran écrit un mémo en 1964 sur l’organisation d’un réseau de communication physique. Il propose un réseau « distribué » comme étant la meilleure solution à une attaque touchant un réseau en « n’importe quel point » . Il servira de base pour penser le futur développement du réseau de la Darpa. En 1968 Baran rejoint la Darpa pour en devenir une des figures influentes.

Douglas Engelbart est une des figures impressionnantes de la création d’ARPANET. Pionniers dans la recherche d’interface homme/machine avec son Augmentation Research Center, il présentera le 9 décembre 1968 la "mère de toutes les démos" avec micro-casque et projecteur data. Il y fait état des recherches d’ARPANET et de quelques pistes concrètes de développement de cet outil un peu abstrait, comme la création et consultation à distance de fichiers, à l’aide de la première interface utilisateur "cliquer-pointer". Le réseau qu’il emploie n’est pas le futur réseau ARPANET, mais une liaison créée pour l’occasion avec des modems tunés par l’équipe d’Engelbart.

Engelbart avait en effet créé quelques années plus tôt (brevet en 1967, prototype en 1970, avec utilisation dans sa démo de 1968) la première souris et pensé le menu et le curseur comme moyens pour les humains d’interagir avec des données. Il est à noter aussi que suite à des maladresses institutionnelles, Englebart perd plusieurs de ses chercheurs dans les années 70’, qui rejoindront le parc Xerox, un lieu important dans l’histoire du Personal Computer : Bill Gates et Steve Jobs, encore étudiants, y passeront voir les dernières recherches en matière d’operating system et y verront des prototypes d’interface graphique avec métaphore de bureau.

ARPANET, le précurseur de l’Internet, est un réseau physique fait de câbles reliés à des routeurs (on dit à l’époque de IMP pour Interface Message Processor) mis en place et officiellement inauguré le 29 octobre 1969 entre le laboratoire Leonard Kleinrock et celui de Douglas Engelbart. Les universités de Santa Barbara et de l’Utah s’ajoutèrent au réseau le 5 décembre 1969. Le réseau est donc constitué de 4 noeuds.

Les données sont acheminées via la technique du transfert par paquet. Un circuit virtuel est établi entre un ordinateur et un autre, à travers les noeuds du réseau, puis le fichier, découpé en petits morceaux (128 ou 256 octets) est transmis en empruntant ce chemin virtuel. Ce système sera amélioré avec la technique de commutation de paquet plus tard.

Les ordinateurs utilisés étaient notamment des Univac, fonctionnant avec des tubes électroniques, technologie désuète en 1969. C’est précisément pour cela que ces ordinateurs étaient libres pour un usage expérimental, les autres étant saturés de travaux. Par ailleurs, un des enjeux d’Arpanet était de faire communiquer entre eux des ordinateurs de générations et de constructions différentes.

Si internet permet assez vite un ensemble de service utile à l’armée, comme la communication de données cryptées et la circulation des données de satellites, c’est en 1972 que la première vraie innovation va se pointer : l’échange de mail.
Le premier mail date en fait de 1961, mais c’est avec Ray Tomlinson, sous contrat pour la Darpa, que l’utilisation du mail va devenir populaire chez les chercheurs. Tomlinson proposa en 1972 l’utilisation du signe @ pour séparer le nom d’utilisateur de celui de la machine. Il crée SNDMSG et READMAIL, et la fusion des deux logiciels donnera la naissance à la messagerie moderne.

En 1973, une étude révèle que le courrier électronique représente 75 % du trafic sur Arpanet.
Voir un article plus complet sur l’histoire du mail ailleurs sur ce site.

Le transfert par paquet est la technologie qui permet la circulation des données sur l’infrastructure d’Arpanet dès son installation, à travers les connections entre IMP.
Louis Pouzin, un ingénieur et polytechnicien français, va améliorer la communication entre les différents points du réseaux en conceptualisant et mettant en application la commutation de paquets. A la différence du transfert par paquet, où tous les paquets suivent le même chemin virtuel établi en début de connection, la commutation permet à chaque paquet d’information de passer par des noeuds différents du réseau, s’adaptant en temps réel à l’état de celui-ci. Ce principe est utilisé par Pouzin alors qu’il est à la tête du projet « Cyclades », destiné à devenir "l’Arpanet français", projet initié en 1971 et abandonné en 1978. Son paquet d’information s’appelle de "datagramme", contraction de data et télégramme.

Vinton Cerf assiste à une conférence de Pouzin et s’inspire du principe de commutation lors de la mise en place des protocoles d’Internet. Avec Robert Kahn créent le protocole « TCP » (Transmission Control Protocol) destiné à faire travailler ensemble des réseaux non similaires (préfiguration du « réseau des réseaux », soit Internet). Il est amélioré en 1975 et 1978 pour devenir progressivement le « TCP/IP » (IP signifie Internet Protocol), base technique de l’internet moderne.

Cerf et Khan améliorent le travail de Pouzin en ajoutant un contrôle renforcé des paquets, notamment pour vérifier leur réception et leur intégrité. Le datagramme de Pouzin ne possède pas en effet de système permettant de savoir si le paquet envoyé est arrivé à destination.
IP, de son côté, est un protocole permettant d’identifier l’ensemble des terminaux connectés de manière fiable et unique. Cette méthode est nécessaire pour pouvoir étendre le réseau de manière dynamique.
L’adressage des terminaux et le transport de point à point étant intimement liés, on parle de protocole TCP/IP.

Le disque compact (CD), inventé par Philips en 1979, est lancé commercialement pour l’audio en 1982 par Philips et Sony. En 1984, les spécifications du Compact Disc ont été étendues (avec l’édition du Yellow Book) afin de lui permettre de stocker des données numériques.

les CD-ROM va rapidement supplanter les disquettes dans la distribution des logiciels et autres données informatiques. Il est entouré d’un aura mystique au début de sa commercialisation : on le dit "indestructible" mais il s’avère rapidement fragile à la manipulation. Il se griffe et se casse et devient alors illisible plus encore que le disque vinyle, auquel on le compare alors.

En 1983 la partie de l’ARPANET appartenant aux Forces armées des États-Unis fut séparée du reste du réseau et devint le MILNET (Military Network) puis Defense Data Network (DDN). Le réseau va alors progressivement s’ouvrir aux universités, au non-marchand, puis le réseau deviendra accessible par téléphone avec les pourvoyeur d’accès à la fin des années 80. COMPUSERVE est la première firme à offrir un accès (illimité) au net en 1989, en connectant son système de messagerie, mis en place 10 ans plus tôt par téléphone, à l’Internet. Les compagnies aériennes vont être rapidement intéressées par la possibilité d’échanger des données en temps réel sur des places d’avions disponibles à l’autre bout de la planète.

Le format de compression d’image GIF a été mis au point par CompuServe en 1987 pour permettre le téléchargement d’images en couleur. Ce format utilise l’algorithme de compression sans perte LZW et un système de réduction de couleur : chaque image possède une palette de maximum 256 couleurs. Il permet aussi une transparence d’index, ce qui signifie qu’une des couleurs de la palette (ou plusieurs) peuvent être transparente.
En 1989, le format GIF a été étendu (format GIF89a au lieu de GIF87a) pour permettre le stockage de plusieurs images dans un fichier. Le GIF animé est né.
Attention, a cette date le web n’existe pas encore. Le GIF est alors utilisé pour communiquer des images par le réseau et pas par le biais de pages web. Le navigateur web NCSA Mosaic, le premier à permettre l’affichage d’images, n’apparaitra qu’en 1993.

Le World Wide Web n’est pas l’internet, mais un de ses usages.
Tim Berners-Lee propose avec son collègue Robert Cailliau les services du premier serveur web de l’histoire en faisant la refonte d’une idée préexistante, l’hypertexte et SGML, dans une grammaire simplifiée. Le but initial est d’améliorer la diffusion des informations internes au CERN. Le langage de description html (HyperText Markup Langage) est créé et disponible gratuitement en 1991. Berners-Lee et Caillau vous communiquer leur invention à grand renfort d’enthousiasme dans un premier temps pour faire démarrer le Web. La première page web "conservée" date du 13 novembre 1990 (on peut la voir ici). Berners-Lee crée aussi le premier navigateur Web, qui est aussi un éditeur web, en 1991 utilisé sur son premier serveur web. Le même outil sert à créer et consulter les pages, ce qui est assez symptomatique du projet. Après avoir été utilisé en interne, il est diffusé dans la communauté universitaire via les newsgroups.

Le html est un langage basé sur une norme communiquée par ses auteurs (le W3C sera créé à cette fin). Les logiciels qui produisent des pages web sont indépendants de ceux qui permettent de les lire. Ceci garantit l’interopérabilité.

L’autre innovation permettant un usage facile du web est le Domain Name Serveur (DNS), un système permettant d’écrire des adresses « naturelles ». L’idée est de permettre à l’utilisateur d’appeller les serveurs par des noms plutôt que par leur IP (genre 213.5.76.23), ce qui rend plus facile et agréable la mémorisation. 13 « serveurs racine » permettent de gérer ces noms de domaines et de les mettre en relation avec les adresses IP, et des milliers d’autres serveurs clônent les fichiers de noms de domaine.

Ce navigateur web rend plus agréable la consultation de pages web. Il remplace rapidement le logiciel développé par Berners-Lee.

Netscape Communications Corporation est fondée avec une bonne partie de l’équipe de développement de NCSA Mosaic. Netscape Navigator sort fin 1994 et sera distribué gratuitement. Il va détrôner Mosaic très rapidement.

Le W3C est créé en octobre 1994 Par Berners-Lee qui a quitté le CERN pour le MIT. Il a été fondé au MIT/LCS avec le soutien de l’organisme de défense américain DARPA et de la Commission européenne, ce qui indique que le web est pris au sérieux dès ses débuts.
Cet organisme de petite taille (65 personnes actuellement) coordonne des groupes de travail décentralisés (Europe, Etats-unis, Japon, etc.) sur les normes utilisées du World Wide Web, comme HTML, CSS, XML, XSLT, etc. Le W3C n’est pas une "police du code", il émet des recommandations.

Le langage a été créé en 1995 par Brendan Eich pour le compte de la Netscape Communications Corporation. Il sera opérationnel avec Netscape Navigator 2.0. Du coup, Internet Explorer propose JScript, qu’il inclut ensuite dans Internet Explorer 3.0. Javascript sera proposé à la standardisation par Netscape et devient en 1997 le standard ECMA-262. Les différents navigateurs s’appuient donc depuis sur une même norme, mais ça ne simplifie par pour autant le travail.

David Filo et Jerry Yang crée à l’université Stanford en janvier 1994 le projet Yahoo !. Hébergé sur les serveurs de Stanford, il sature le réseau de l’université et il leur est demandé de déménager l’année suivante. Yahoo ! est à la base un annuaire web, mais proposera vite des adresses mail, un portail, un moteur de recherche interne.
Yahoo ! entre en bourse le 12 avril 1996, vendant 2,6 millions d’actions à 13 dollars l’unité.

Microsoft ne voit pas dans le net un outil révolutionnaire et pense même en 1995-96 lancer son propre réseau, "concurrent" du World Wide Web, "The Microsoft Network", dont les initiales sont... MSN. Mais devant le succès rencontré par les premières versions de Netscape, le doute s’installe sur la stratégie de Microsoft qui s’était cru incontournable et dominant sur le marché informatique. Des analystes prédisent que Internet et ses services seront dans un avenir proche indépendants des plateformes mac, PC ou Linux. Microsoft décide de prendre le train Internet en marche en achetant la licence d’un navigateur existant (Spyglass Mosaic) et en faire son Internet Explorer 1, sorti en aout 1995. Trois mois plus tard, la version 2 est publié, qui marque le début de la "guerre des navigateurs". Le but est clair : posséder le browser dominant sur le marché, pour pouvoir à travers lui "guider" l’internaute vers les bons services.
La bataille démarre mal pour Microsoft qui ne possède avec son Explorer qu’une part infime des navigateurs. Mais son Operating System est dominant, et Microsoft met sur le bureau de chaque machine installée le raccourci vers Explorer, avec le seul nom "Internet", pour semer la confusion chez les néophytes : son navigateur est le web. A grand renfort de pratiques commerciales douteuses voire illégales (pour lesquelles Microsoft sera condamné), Explorer va conquérir le marché des navigateurs. En 2001, Explorer est le navigateur de plus de 90% du monde connecté. Internet Explorer, sans concurrence, ne va plus évoluer entre 2001 et 2006, années qui vont pourtant voir exploser le nombre d’internautes et de services proposés.
Il faudra attendre l’arriver de Firefox pour voir enfin Microsoft agir et proposer dans la confusion une nouvelle version de son navigateur Internet Explorer 7 et promettre une vraie mise à jour.

Voir l’article Wikipedia sur l’usage des navigateurs

En pleine guerre des navigateurs, la norme CSS voit le jour. CSS1 se définit comme un « mécanisme de feuille de style simple, permettant aux auteurs et aux lecteurs d’attacher des styles (…) au document HTML ». Internet Explorer 3, en1996, intègre une partie de la cinquantaine de propriétés CSS1. Netscape Navigator 4 embraye mollement, et il faudra en fait attendre Internet Explorer 5.0 pour Macintosh, en 2000, pour voir un navigateur supporter complètement (à plus de 99 %) la norme CSS1. CSS2.1 sera rédigée en 2001 mais en 2007, aucun navigateur ne la reconnait complètement. Ce langage a beaucoup souffert de la guerre des navigateurs et des stratégies individuelles des navigateurs web.
CSS3 est actuellement en cours d’implémentation, à différents niveaux.

Digital Versatile Disc (« disque numérique polyvalent »), d’une capacité allant de 4,7 gigas à 9,4 gigas par face, il est destiné à la base au stockage vidéo mais comme l’indique le terme anglais "Versatile", il est évident dès sa création qu’il permettra de stocker des données numériques de tout types.

Le support DVD a été développé par Philips, Sony, Toshiba et Panasonic. En décembre 1995, dix industriels de la vidéo annoncent leur accord sur un standard commun. Les premiers lecteurs DVD sont commercialisés au Japon fin 1996, début 1997 aux États-Unis et début 1998 en France. Le DVD s’est imposé face à la cassette VHS,

Lancé comme le veut la mythologie depuis un garage, le moteur de recherche Google répond à ses premières requêtes fin 1997, début 1998. Serguei Brin et Larry Page sont les fondateurs de la société financée tout de même à un million de dollars.

Napster est un petit logiciel sans grande prétention permettant de partager des fichiers musicaux principalement au format mp3. Le projet est lancé par Shawn Fanning, John Fanning et Sean Parker en juin 1999. Initialement, le service avait été conçu comme un service de partage de fichiers en pair à pair. Le service se spécialise dans le partage de fichiers audios généralement encodés au format MP3. À son apogée, le service Napster avait environ 80 millions d’utilisateurs enregistrés. Les créateurs du logiciel sont attaqués en justice et perdent. Le logiciel dans sa version gratuite et pirate est interdit, ce qui est rendu possible par le fait que Napster centralise dans une base de donnée les listes de fichier de ses membres. Les développeurs ne peuvent donc pas dire ne pas savoir ce qui transite sur leur réseau, car il est centralisé par ces données.
Quelques semaines à peine après la fermeture de Napster, les premiers systèmes de partage peer to peer sans base de donnée centralisée apparaissent et c’est l’histoire des torrents qui commence.

En mars 2000, explose la bulle spéculative des "valeurs technologiques", appelée "bulle internet" liée à l’informatique et aux télécommunications, qui avait grossi sur les marchés d’actions à la fin des années 1990. Son apogée a eu lieu en mars 2000.

Des millions ont été investi par des capital risque dans des sociétés créées à la va-vite par de jeunes développeurs ou commerciaux, avec l’ambition de prendre la place de leader dans des usages qui n’existe pas encore mais seront « the next big think ». La vente en ligne est encore ridicule, mais les détenteurs de capitaux ne veulent pas rater son démarrage et font entrer en bourse tout ce qui bouge, puis revendent des actions en réalisant des plus-values record.

Le modèle économique du commerce électronique, lié à ce que l’on appelle l’immatériel, est rendu célèbre par Amazon, eBay et AOL des sociétés profitant d’une bulle des capitalisations boursières des jeunes sociétés sans équivalent dans l’histoire, qui finit en krach, phénomène touchant aussi de nombreuses petites sociétés de biotechnologies.

En 2001, Netscape Navigator existe toujours, mais Internet Explorer est désormais l’application monopolistique sur le web. C’est la fin de la guerre des navigateurs, même s’il n’y a pas de date officielle.
La conséquence est immédiate et durable : entre 2001 et 2006, alors que le web devient incontournable dans le quotidien de la majorité des occidentaux, le logiciel Internet Explorer restera à sa version 6, pourtant connu par tous les professionnels du secteur comme buggué, non-conforme et lent. Il faudra attendre l’arrivée de Firefox pour que la peur de perdre ses parts ne fasse évoluer le logiciel.

La fondation Mozilla est créée sur les cendres de la société Netscape, qui est dissoute cette même année. Netscape Navigator ayant perdu face à Internet Explorer, Netscape avait débuté en 1998 un projet de développement open-source du navigateur Netscape, espérant l’imposer dans la communauté du libre et bénéficier de son aide pour surmonter son échec cuisant. Le projet Mozilla survivra à la disparition de Netscape, et ses deux plus grands projets seront le navigateur Firefox et le mailer Thunderbird.

Firefox est à l’origine un programme dérivé du logiciel Mozilla, mais reprenant uniquement les fonctions de navigation de celui-ci. Il est le premier navigateur que l’on peut qualifier de "respectueux des standards", puisqu’il a été conçu sur la base de la documentation du W3C.
Accueilli comme un soulagement par les communautés de développeurs, d’intégrateurs et de graphiste, le logiciel va rapidement prendre des parts du "marché" des navigateurs. En quelques années il gagne 20% des utilisateurs, et devient l’argument massue de la critique d’Internet Explorer.
Si la version 7 d’Internet Explorer fait l’objet d’évolution demandées à corps et à cris par les développeurs, on le doit en grande partie à Firefox : effrayé de perdre aussi rapidement la faveur des internautes, Microsoft va soudain produire une version bricolée de son navigateur, corrigeant des bugs et manquements divers, promettant de se mettre aux normes rapidement.