"Dakota" de Young-Hae Chang Heavy Industries, 200 ?

Tags : net art, littérature, animation, musique, flash

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Young-Hae Chang Heavy Industries est le nom du collectif constitué d’un américain, Marc Voge et d’un coréen, Young-hae Chang. Le duo est basé à Séoul.

Dakota est la première oeuvre que l’on a pu découvrir sur leur site, début 2000. Cette animation flash qui apparait plein écran, commençant par un lent fondu au blanc par palier, et se lance sur une musique de percussion très carrée. Des mots apparaissent alors, martelés en noir et blanc sur l’écran, produisant vite un effet d’hypnose renforcé par le rythme saccadé de la musique, sur lesquels se calent les mots et phrases.

Une seule typo, quelques effets visuels, toute l’animation repose sur des éléments stricts et maitrisés et sa rythmique calquée sur le son. Le texte parle d’une virée entre potes, occasion de beuverie, de considérations adolescentes et confidences. L’ironie du texte est en contraste avec la froideur du dispositif visuel. Après un début en fanfare, on cavale derrière le texte, qui monte en tension en même temps que la musique devient tribale et amène le spectateur à une sorte de transe quasi épileptique.

Sur le site minimal de Young-Hae Chang Heavy Industries, on trouve une liste impressionnante d’autres animations réalisées depuis, dont certaines en plusieurs langues dont le français. On pourra ainsi goûter plus facilement à l’ironie étrange de "Samsung veut dire jouir". La structure de l’animation est la même : typo rugueuse, plein écran, décompte numéroté en début d’animation et du jazz en bande son. Le travail des YCCHI est influencé par le lettrisme et les poèmes dada, et les calligrammes d’Apollinaire. le mot y est montré comme un élément plastique important autant qu’en tant que signifiant.

Les animations de YCCHI ont été montrées en de multiples endroit mais c’est bien le net, avec son immédiateté, qui est son support privilégié. L’animation flash est tout a fait suffisante pour permettre un affichage. Au début 2000, c’était la seule manière de pouvoir synchroniser son et image tout en gardant un poids léger permettant une vision fluide de l’animation sans téléchargement préalable. Un choix technique judicieux donc, qui permet de voir l’ensemble de l’oeuvre aujourd’hui encore.

Des tirages sur papier de textes ont été montrés à l’occasion d’exposition et de commande, notamment au centre Georges Pompidou et à la Tate gallery, mais les créations de YCCHI sont montrés la plupart du temps sous forme de projection vidéo. Les visiteurs voient donc ni plus ni moins que ce qui est disponible en ligne, ce qui est une des caractéristiques les plus intéressantes du net-art.

Une interview du duo en 2005