1969 : première mise en place
ARPANET, le précurseur d’Internet, est mis en place le 29 octobre 1969 entre le laboratoire Leonard Kleinrock et celui de Douglas Engelbart. Les universités de Santa Barbara et de l’Utah s’ajoutèrent au réseau le 5 décembre 1969.
Douglas Engelbart est une des figures impressionnantes de la création d’ARPANET. Pionniers dans la recherche d’interface homme/machine, il présentera en 1969, la "mère de toutes les démos" avec micro-casque et projecteur data. Il y fait état des recherches d’ARPANET et quelques pistes concrètes de développement de cet outil un peu abstrait, comme la création et consultation à distance de fichiers, à l’aide de la première interface utilisateur "cliquer-pointer". Engelbart avait en effet créé quelques année plus tôt la première souris et pensé le menu et le curseur comme moyens pour les humains d’interagir avec des données.
Les ordinateurs utilisés étaient notamment des Univac, fonctionnant avec des tubes électroniques, technologie désuète en 1969. C’est précisément pour cela que ces ordinateurs étaient libres pour un usage expérimental, les autres étant saturés de travaux.
1972 : Première "killer app" : le mail
Si internet permet assez vite un ensemble de service utile à l’armée, comme la communication de données cryptées et la circulation des données de satellites, c’est en 1972 que la première vraie innovation va se pointer : l’échange de mail.
Lancé à la fin des années 60, c’est avec Ray Tomlinson, sous contrat pour la Darpa, que l’utilisation du mail va devenir populaire chez les chercheurs. Tomlinson proposa en 1972 l’utilisation du signe @ pour séparer le nom d’utilisateur de celui de la machine. Il crée SNDMSG et READMAIL, et la fusion des deux logiciels donnera la naissance à la messagerie moderne. En 1973, une étude révéle que le courrier électronique représente 75 % du trafic sur Arpanet.
Voir un article plus complet sur l’histoire du mail ailleurs sur ce site.
1974 : le TCP/IP
Vinton Cerf et Robert Kahn créaient le protocole « TCP » (Transmission Control Protocol) destiné à faire travailler ensemble des réseaux non similaires (préfiguration du « réseau des réseaux », soit Internet). Il est amélioré en 1975 et 1978 pour devenir progressivement le « TCP/IP » (IP signifie Internet Protocol), base technique de l’internet moderne.
1983 : l’armée prend ses quartiers
En 1983 la partie de l’ARPANET appartenant aux Forces armées des États-Unis fut séparée du reste du réseau et devint le MILNET (Military Network) puis Defense Data Network (DDN). Le réseau va alors progressivement s’ouvrir aux universités, au non-marchand, puis le réseau deviendra accessible par téléphone avec les pourvoyeur d’accès à la fin des années 80. COMPUSERVE est la première firme à offrir un accès (illimité) au net en 1989, en connectant son système de messagerie, mis en place 10 ans plus tôt par téléphone, à l’Internet. Les compagnies aériennes vont être rapidement intéressées par la possibilité d’échanger des données en temps réel sur des places d’avions disponibles à l’autre bout de la planète.
1991 : le web
Le web n’est pas l’internet, mais un de ses usages. Tim Berners-Lee propose avec son collègue Robert Cailliau les services du premier serveur web de l’histoire en faisant la refonte d’une idée préexistante, l’hypertexte, dans une grammaire simplifiée. Le html est créé. Il rend l’application disponible gratuitement en 1991. Berners-Lee et Caillau vous communiquer leur invention à grand renfort d’enthousiasme dans un premier temps pour faire démarrer le Web.
L’autre innovation permettant un usage facile du web est le Domain Name Serveur (DNS), un système permettant d’écrire des adresses « naturelles ». L’idée est de permettre à l’utilisateur d’appeller les serveurs par des noms plutôt que par leur IP (genre 213.5.76.23), ce qui rend plus facile et agréable la mémorisation. 13 « serveurs racine » permettent de gérer ces noms de domaines et de les mettre en relation avec les adresses IP, et des milliers d’autres serveurs clônent les fichiers de noms de domaine.
1996 : la guerre des navigateurs
Microsoft ne voit pas dans le net un outil révolutionnaire et pense même en 1995-96 lancer son propre réseau, "concurrent" du World Wide Web, "The Microsoft Network", dont les initiales sont... MSN. Mais devant le succès rencontré par les premières versions de Netscape, le doute s’installe sur la stratégie de Microsoft qui s’était cru incontournable et dominant sur le marché informatique. Des analystes prédisent que Internet et ses services seront dans un avenir proche indépendants des plateformes mac, PC ou Linux. Microsoft décide de prendre le train Internet en marche en achetant la licence d’un navigateur existant (Spyglass Mosaic) et en faire son Internet Explorer 1, sorti en aout 1995. Trois mois plus tard, la version 2 est publié, qui marque le début de la "guerre des navigateurs". Le but est clair : posséder le browser dominant sur le marché, pour pouvoir à travers lui "guider" l’internaute vers les bons services.
La bataille démarre mal pour Microsoft qui ne possède avec son Explorer qu’une part infime des navigateur. Mais son Operating System est dominant, et Microsoft met sur le bureau de chaque machine installée le raccourci vers Explorer, avec le seul nom "Internet", pour semer la confusion chez les néophytes : son navigateur est le web. A grand renfort de pratiques commerciales douteuses voire illégales (pour lesquelles Microsoft sera condamné), Explorer va conquérir le marché des navigateurs. En 2001, Explorer est le navigateur de plus de 90% du monde connecté. Internet Explorer, sans concurrence, ne va plus évoluer entre 2001 et 2006, années qui vont pourtant voir exploser le nombre d’internautes et de services proposés.
Il faudra attendre l’arriver de Firefox pour voir enfin Microsoft agir et proposer dans la confusion une nouvelle version de son navigateur Internet Explorer 7 et promettre une vraie mise à jour.