Internet hardware : le réseau distribué

Baran écrit un mémo en 1964 pour Rand Corporation (sous contrat pour la DARPA) sur l’organisation d’un réseau. Il propose l’idée d’un réseau hybride d’architectures étoilées et maillées dans lequel les données se déplacent de façon dynamique, en cherchant le chemin le moins encombré, et en patientant si toutes les routes sont encombrées. Cette technologie fut appelée le "packet switching" (transfert de paquets). C’est pour lui la meilleure solution à une attaque touchant un réseau en « n’importe quel point ». Ce modèle de réseau servira de base pour penser le futur développement du réseau de la Darpa.

On ne trouve aucune trace attestant du fait que la demande faite aux chercheurs portait sur la résistance à une attaque nucléaire. Ce qui est sûr, c’est que la robustesse du réseau devait lui permettre une dégradation de la communication et la disparition de certains points du réseau en cas de conflit armé notamment.
Internet software : le protocole TCP/IP
Le "packet switching" de Baran mettra du temps avant de trouver sa forme actuelle. Il s’agit d’acheminer des informations en grand nombre, d’un point à un autre au travers de différents ordinateurs. Mais les ordinateurs sont de technologies différentes, travaillant à des vitesses différentes. Plusieurs protocoles sont à l’origine employés, ce qui rend difficile la communication entre les différents points du réseau. Le protocole TCP/IP a été inventé pour s’imposer à tout le réseau d’ARPANET. Testé en 1977, il sera de fait imposé début 80’.
IP (Internet Protocol) permet de donner un destinateur et un destinataire à chaque petit paquet de donnée (un paquet est de plus ou moins 1500 octets), ainsi qu’un port. Ceci permet de le rendre indépendant des autres petits paquets. Chaque paquet envoyé depuis une machine peut parvenir à l’ordinateur qui l’a demandé par un chemin différent selon l’état du réseau (saturation, panne ou destruction). TCP (Transmission Control Protocol) permet de vérifier que les deux machines sont prêtes à communiquer, que tous les paquets sont partis, et qu’ils sont tous arrivés, en gérant les doublons et les manquants éventuels.
Obsession occidentale pour la sauvegarde
Internet peut être relié à la peur toute occidentale de la perte de l’information. L’écriture est déjà une manière d’externaliser la mémoire, de rendre le support de l’information (les hommes) secondaire par rapport à l’information. Cette obsession pour la sauvegarde de l’information est palpable dans l’invention d’Internet, qui est un énorme système de duplication de fichier. Chaque router sauvegarde des copies de fichiers, temporairement, et chaque information vue sur le net est copiée d’ordinateur en ordinateur.
Acheminer l’information de manière sûre, en garder une copie « au cas où » sont deux méthodes mise en place dès les années 60’.