"Vanity ring" de Markus Kison, 2007

Tags : Web, Design

Vanity ring est un anneau est surmonté d’un minuscule panneau oled, une technologie de pointe, un écran d’affichage économe en énergie. Markus Kison a choisi d’y afficher ce qui constitue pour lui un des sommets contemporains de la vanité : le résultat en nombre de pages d’un "ego search".

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Vanité des vanités, tout n’est que vanité et poursuite de vent
(le Qohélet, dit l’écclesiaste)

Vanity ring est un bijou designé par l’allemand Markus Kison, fait pour être porté. Le terme de "vanité" n’est pas anodin : la vanité est un genre en peinture, lié au baroque et au protestantisme, une critique des plaisirs terrestre pour ramener l’homme vers une spiritualité plus ascétique. Le paradoxe de ce genre est qu’elle va produire des oeuvres rivalisant de virtuosité, célebrant les plaisirs charnels et de l’oeil jusqu’au paroxysme sous prétexte de le dénoncer : trompe l’oeil, couleurs chatoyantes, parfaite restitution de la profondeur et des effets de surface. Les fruits, les vins, les mets fins y sont représentés avec une suavité troublante, attisant le désir plutôt que la réflexion.
La bulle de savon, sujet récurrent, est un parfait exemple : métaphore de la fragilité de la vie, de tension entre intériorité et extériorité, elle est aussi un défi pictural : sa matérialité quasi inexistante, sa surface parfaite ne peut être restituée que par son reflet. Le plaisir de la possession, et en particulier les bijoux et ornements, sont naturellement un sujet récurrent du genre, l’anneau de Markus Kison est donc dans une parfaite filiation avec celui-ci.

Vanity ring est donc un prolongement de la vanité à l’ère numérique. L’anneau est surmonté d’un panneau oled, une technologie de pointe, un écran d’affichage économe en énergie, donc le mieux adapté actuellement à la miniaturisation.

Markus Kison choisit d’afficher ce qui constitue pour lui un des sommets contemporains de la vanité : le résultat en nombre de pages d’un "ego search", recherche sur son propre nom sur google. Le chiffre, exprimé souvent en milliers ou millions de pages, est chargé sur la bague et affiché à la demande.

La fabrication d’un tel objet a necessité de régler nombre de problème technique. C’est donc pleinement un objet de design,pensé dans tous ses aspects, y inclus la procédure d’upload du chiffre via un petit dispositif et un logiciel au graphisme sobre et soigné. C’est un prototype cependant, Kison cherche un support pour une production en série.