Vidéo et images clés

Les codecs vidéos contemporains utilisent plusieurs algorithmes de compression, et notamment le système des images clés.

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Iframes et Pframes

Le principe est simple. Prenons ces deux images dans un film. Elles proviennent du même plan, qui est fixe.

A peu de choses près, seul le visage des deux acteurs bouge. Le reste de l’image est donc identique. Si les deux images sont enregistrées telles quelles dans le fichier, on gaspille de l’espace et aussi du temps de travail pour le processeur qui doit montrer les deux images l’une après l’autre alors que peu de choses changent...


(en gris tout ce qui change entre les deux images)

Le principe de l’image clé sera donc :
1) de garder la première image enregistrée entièrement
2) de seulement enregistrer pour l’image suivante les zones qui ont changé dans l’intervalle.

La première est une image-clé, ou keyframe, la seconde sera une image dite prédictive, qui ne contient que les modifications par rapport à la première...

Cela permet de gagner environ 30% sur le poids d’un film, uniquement avec cette méthode.

Moins on utilise d’images clés (une image toute les 500 images par exemple), plus le gain est important. Mais il y a évidemment des limites de qualité...

Limite du système des images clés

Si on a un travelling, un mouvement de caméra, deux images qui se suivent dans un film seront très différentes.


(en gris tout ce qui change entre les deux images)

On n’a dans certains cas aucun gain entre deux images. Dans ce cas, les images clés et les images predictives ont exactement le même poids et la compression s’avère impuissante à réduire le poids du fichier. Dans certains cas de dvd mal compressés, on peut même voir le lecteur "lagguer", c’est à dire ralentir la vitesse de lecture car il n’arrive pas à suivre la vitesse à laquelle il devrait lire les informations sur le disque...

Détournement des images clés : le datamoshing

Ce terme barbare a été inventé par un étrange personnage qui a mis en ligne un didacticiel pour détruire la qualité des images vidéos. Son système est simple : il utilise un codec créant des images clés (xvid) et enlève toutes les images clés de la vidéo produite, puis la monte avec d’autres plans. On obtient des artefacts vidéos, c’est à dire des images comportant des blocs d’erreur (des blocs de pixels de couleur étrange) et ainsi des effets d’altération de l’image parfois saisissants. Ici une vidéo produite par Datamosher sur un clip video.

Datamosher utilise des erreurs logicielles pour parvenir à ses fins, il est donc impératif d’utiliser les mêmes logiciels et même les mêmes versions de logiciel pour obtenir l’effet souhaité.

Voir ses vidéos de démo
Télécharger son kit (pour mac)
Un tutoriel en français

La suppression d’images clés apparait parfois dans des vidéos mal compressées ou abimées par le transport par internet.

Il existe d’autres artefacts de compression comme par exemple le "mosquito noise", trait blanc autour des sujets des formes, typique de la compression Jpeg.