Film to... : quelques références

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The time machine in alphabetical order, Thompson & Craighead

Le process est donné dans le titre : les deux artistes anglais Thompson et Craighead ont pris comme matière un film tiré du roman de Wells, tourné dans les années 60’, qui est ici remonté avec les dialogues triés par ordre alphabétique. Un voyage dans le temps, matière même d’un film, qui produit un effet de résumé (on saute de scène en scène dans l’instant), d’étude de jeu d’acteur (les mots, selon les contextes, sont appuyés ou simplement dits) et statistique (le mot "time" revient un grand nombre de fois à travers tout le film). La beauté désuète du film donne la chair de ce travail très algorithmique.

(Flash Video, 6.2 Mo)

Star Wars Uncut : Director’s Cut de Casey Pugh & guests, 2009

A la manière de "Be kind, rewind" de Michel Gondry, qui a introduit le terme de "suéder" un film (le retourner plan par plan avec les moyen du bord), le projet "Star Wars Uncut : Director’s Cut" est un recréation complète du film devenu incontournable "Star Wars : a new hope".

Le film a été découpé en séquences de 15 secondes et confié à qui voulait bien s’en charger. Ça fait donc un paquet de collaborateur et tous suivent quelques règles de base : matérièl audio et vidéo original, 30 jours pour réaliser la scène, enfants admis, garder le timing et injecter de l’humour.
Le projet a été un succès et "L’empire contre-attaque" est en chantier.

L’expérience de vision du film est compliqué. Les sautes stylistiques constantes, et la qualité parfois faible des productions rendent la narration confuse. L’expérience se repose sur le fait que chacun connait ce film, et corrige les imprécision par la mémoire.
Ce problème surmonté, le film séduit par le premier degré de son message. Le "Je t’aime, je te reproduis" de base s’accompagne de la découverte de l’éventail très large des fans de ce film. Internet aidant, les participant sont géographiquement et sociologiquement large. Le film est donc un voyage à travers une galaxie de perception et de restitution du film.

Cinema reduc de Brendan Dawes, 2004

Le projet est simple : fabriquer un poster à partir d’un film, soit faire une surface avec une durée. A partir d’un script qui se produit en 30 minutes avec Processing, Brendan Dawes a passé à la moulinette plusieurs film appartenant au partimoine du cinéma. On y repère surtout les ambiance colorées travaillées au long du film, les durées et ruptures. Cinema redux offre la vision instantanée, simultanée à partir d’un script et sa mise en forme simplifiés.

Cinemetrics, Frederic Brodbeck, 2011

Cinemetrics est une application permettant de visualiser des données provenant de films, comme les dominantes de couleur et la quantité de mouvement. Une application assez complexe puisqu’elle permet de comparer des films entre eux et de sélectionner dynamiquement les critères, ainsi que voir des images du film à la volée.
On peut aussi commander un poster et télécharger les source du code Python.

White glove tracking de Evan Roth et Ben Engebreth, 2007

Evan Roth est un artiste américain qui a travaillé sur la capture du mouvement, principalement autour du graffiti. Il fait partie du Graffiti Research Lab, dont on parle ailleurs dans ce site. Il a lancé en 2007 un appel à contribution sur son site, le "white glove tracking".
Lors d’une performance télévisée de 1983, où il présente son hit "Billie Jean", Michael Jackson apparait avec son unique gant blanc. La vidéo est disponible sur Youtube, Roth et Engebreth s’en saisissent. Ils lancent un appel à contribution pour identifier le gant et sa taille dans les 10060 frames de la vidéo. Une fois le travail fait, quelques semaines plus tard, il lancent un appel à projet en distribuant vidéo, fichier du tracking et des bouts de code fonctionnels : fabriquer des animations numériques à partir du tracking.

Mon préféré reste le Giant glove de Tim Knapen, à voir dans la page des contributions.

Jodi : bubles et dolce vita, 2006 ?

Cette pièce aperçue lors de l’exposition "Art+Game" organisée par Imal en 2006, je ne l’ai pas retrouvée malheureusement. Mais je tiens à la décrire ici.
fidèle à sa pratique de détournement des nouvelles technologies, le couple d’artiste JODI présentait un des premiers jeu vidéo utilsant une webcam, permettant au joueur de faire éclater des bulles rouges et bleues lui tombant dessus en nombre.

Sauf qu’ici, le film "La dolce vita" de Fellini remplacait le flux de la webcam. On pouvait donc voir dans l’image Marcello Mastroianni et Anouk Aimée dans des scènes dialoguées torrides entourés de boules bleues et rouges éclatant au contact de leur corps, le tout surmonté d’un score. Cette installation serait complètement potatche si elle n’avait produit des hurlements indignés de la part d’une partie des spectateurs, outrés de voir le grand art ridiculisé par des gadgets technologiques. On jouit alors du trouble provoqué par le mélange de stupidité du jeu geek et d’idolâtrie des défenseurs du grand art.

The good, the bad and the ugly, Christiaan Zwanikken, 2011 ?

Il s’agit plutôt de sampling, mais l’oeuvre est suffisamment forte pour figurer ici. 3 bêtes robotiques, hybrides effrayants, rejouent de scène du film spaghetti.