Mi-homme, mi-machine, quelques références

Pouvoir fabriquer son outil, puis l’exploiter, en jouer, est un des bonheurs de l’art contemporain. En art numérique, c’est un enjeu, dont on peut se démarquer.
Quelques exemples épars.

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Bzzz

Le buzzer des jeux télévisés est un excellent exemple de création numérique accompagné d’un usage : c’est un système simple qui permet de savoir quel utilisateur a été le premier à appuyer un des boutons pressoirs. Mais sur ce principe simple, ont été développés
- une forme de bouton particulière, solide, ergonomique, lumineux, sonore et perceptible clairement par le spectateur
- un jeu qui détermine les moments clés où utiliser cet outil, créant des moments où il est autorisé et non autorisé de l’utiliser.

Il est à noter que le bouton pressoir a de nombreuses déclinaisons : vote des députés, vote par un public, distributeurs de numéro de passage chez le boucher, etc.

Antoine Defoort et son mur-bouton

Jeune performeur, Antoine Defoort a récemment construit pour une de ses pièces un mur comportant des capteurs de choc. Un dispositif simple à fabriquer, simple à utiliser. Il utilise ensuite ce dispositif pour déclencher des événements (sonores, visuels) lors de ses performances ("cheval", par exemple, en fin 2008) avec une contrainte secrète : ne pas utiliser ses mains.

Voir ici.

Michel de Broin, keep on smoking

Bicyclette, génératrice, pile, jauge analogique et machine à fumée / Kreuzberg, Berlin 2006

Offrant une solution de rechange à la crise du pétrole, cette bicyclette transforme en fumée l’énergie cinétique produite par le cycliste. La volonté de puissance du cycliste est une source d’énergie renouvelable qui peut être récupérée par une génératrice transformant l’effort physique en un courant électrique suffisant pour activer une machine à fumée. L’oeuvre est le résultat du mariage de deux machines : l’une est productrice alors que l’autre consomme. Cette « copulation » des machines produit de la fumée, qui s’échappe librement dans l’atmosphère.

Autre pièce appartenant plus au champ de l’art électrique que numérique, "Tenir sans servir, c’est résister" met en jeu des électro-aimants caoutcoutés placés dans l’espace. Une installation minimale assez élégante.

"Folksomy Blue Box" de Jodi
Une performance basée sur une collection de Jodi de ses meilleures vidéos youtube, visualisées en cercle et utilisable en temps réel. Au dela de l’aspect logiciel, la performance tire sa qualité du choix des vidéos et de leur placement, succession, présence à l’écran, coordonnée par Dirk Paesmans.

Le nounours de Pascale Barrett

Produit lors d’un workshop, ce nounours augmenté parlait grâce à une série de capteurs (lumière et toucher) au travers de max/msp et d’un module de synthèse vocale. Pascale etait juchée sur un escabeau, perruque et maquillage pour donner un aspect moins lisse à la performance.

Very Nervous System de David Rockerby

Un instrument de musique avec une webcam. L’idée n’est pas neuve, puisque Rockerby l’a mise au travail entre 1986 et 1990 avec son Nervous system puis Very nervous system. Simplement allumé, le logiciel ne produit rien. La danse est le vrai moteur de la pièce, et la vidéo de Rockerby ondulant dans son salon est aussi célèbre, symptomatiquement, que la pièce elle-même.

Dark matter, de Tom Heene et Pieter Heremans, teste la possibilité d’une navigation interactive basée sur autre chose que le cliquer-pointer. Qu’est ce que l’implication du corps peut produire sur l’expérience du surf sur les données du net ? Ce travail est une réponses à cette question qui agite les neurones de la génération Wii.

Stelarc, le cyborg enthousiast

Pionnier des arts numériques effrayant et portant à la caricature, Stelarc a déployé une énergie énorme pour préfigurer une nouvelle ère du rapport homme machine, héritée du cyborg, de l’homme augmenté, des années 80’. Il commence sa carrière par du body art brutal (suspension par crochets, etc.). L’émergence du numérique a été une révélation et une continuité logique de son travail. Ses performances, travaillant sur la communication dans les deux sens entre son corps et des machines (puis le net) nous montrent un homme connecté, immergé dans la technologie.

Removal Studies de Michael Kontopoulos

Pour faire une vidéo sur le mouvements involontaires opérés durant le sommeil pour garder sa couverture, Michael Kontopoulos a créé une machinerie qui rembobine sa couette durant la nuit, capturant une image toutes les deux minutes...

Voir sur le site

Un peu hors catégorie, certes, mais à prendre en compte

C’est du tout machine, mais on trouve ici un outil destiné à être décliné, augmenté, installé grâce à une intervention de l’artiste.

Arno Fabre et "Les souliers"
Cette pièce met en scène des membres inférieurs, simili-jambes terminées par des pieds chaussés. Le fait que de véritables chaussures soient utilisées renforce - ou force, c’est selon - une lecture anthropomorphe du dispositif. Notre émotion esthétique est directement liée à ce que font ces pieds : battre en rythme ou de manière synchronisée, frotter le sol, s’arrêter soudaine. Une danse à chorégraphier.

Player printer
Un travail collaboratif de Simon Blackmore, un workshop destiné à produire une boite à musique à partir d’un moteur d’imprimante. Le mécanisme récupéré est piloté par de l’électronique "homebrew". Ce projet est tout à fait à portée d’un bricoleur muni d’un arduino.
Dans ce projet la machine à son, une forme réduite de piano mécanique, lit des feuilles perforées. Le vrai travail sera donc sonore, sans quoi cette machine restera un gadget. La donnée colaborative prend son sens ici.

Protean Image de Raes
Un peu minimal dans son intéraction - et interaction machine/visiteur plutôt traditionnelle, Protean permet d’agir sur les paramètres d’une animation avec un carte dont on noircit les paramètres désiré. Le tout fonctionne avec une simple webcam.