Réseau hardware et software

Le réseau ARPANET et à sa suite l’Internet s’appuient à la fois sur un réseau de cables enfouis et sur des protocoles de communication.

Internet hardware : le réseau distribué

Baran écrit un mémo en 1964 pour Rand Corporation (sous contrat pour la DARPA) sur l’organisation d’un réseau. Il propose l’idée d’un réseau hybride d’architectures étoilées et maillées, le plus proche possible du réseau distribué (meshed) qu’il représente dans le schéma ci-dessus. Ce réseau est le plus à même de résister à la perte d’un de ses noeuds.

On ne trouve aucune trace attestant du fait que la demande faite aux chercheurs des années 60 portait sur la résistance à une attaque nucléaire. Ce qui est sûr, c’est que la robustesse du réseau devait lui permettre de supporter le plus efficacement possible une dégradation de la communication et la disparition de certains points du réseau en cas de conflit armé notamment.
Quoi qu’il en soit, le réseau sera évidemment souterrain et pas monté sur pylônes. Des câbles vont donc être placés à partir du milieu des années 60 pour cette future infrastructure qui portera le nom de Arpanet.

Le routeur, base de l’internet

Un routeur est une machine assurant le routage (transport d’un point à un autre) de paquets d’information dans un réseau. Un paquet est une quantité de données binaires - un morceau de fichier - accompagné d’informations diverses sur son origine, sa destination, etc. Ces données sont dites "encapsulées", comme si elles étaient dans une enveloppe sur laquelle est apposée l’information nécessaire au transit, comme sur un paquet de la poste. Louis Pouzin, un ingénieur français à la base du protocole TCP/IP, donna le nom de "datagramme" en référence au télégramme.

Le but du routeur est d’assurer de la manière la plus efficace possible le transit de l’information dans un réseau hétérogène, fait de machines plus ou moins rapides.
Des ordinateurs peuvent être connectés entre eux par un réseau local (un LAN) pour échanger des information. L’internet est différent, puisqu’il s’agit d’un réseau de réseaux. Cela signifie que des ordinateurs qui ne sont pas dans le même réseau local doit pouvoir échanger des informations, d’où le terme de "passerelle" employé pour les tous premiers routeurs utilisés pour l’Arpanet en 1969, l’IMP, le Interface Message Processor.
Une des tâches du routeur est d’établir une carte des machines auxquelles il est connecté. Il évalue aussi la qualité de ces connections. Il est alors prêt à échanger les données en choisissant la meilleure route à suivre pour les paquets qu’il reçoit et envoie.
Son réseau de connexions est dynamique, c’est-à -dire qu’il est mis à jour en permanence. Toute apparition ou disparition d’un machine est automatiquement prise en compte.

L'IMP de Arpanet

Différents routeurs industriels

Routeur wifi

Internet software : le protocole TCP/IP

C’est à Louis Pouzin, un ingénieur et polytechnicien français, que revient la paternité du principe de la commutation de paquet, qui a été repris par Vinton Cerf lors de la mise en place des protocoles d’Internet. Cette technologie fut appelée le "packet switching" (transfert de paquets). Il permet d’utiliser le réseau distribué de Baran : les paquets se déplacent de façon dynamique, en cherchant le chemin le moins encombré, et en patientant si toutes les routes sont encombrées, reconstituant l’information complète.
Il est à noter que Pouzin travaillera sur un "Internet français", le projet "Cyclades", abandonné en 1978.

Le "packet switching", initié par Pouzin, perfectionné par Vinton Cerf mettra du temps avant de trouver sa forme actuelle. Il s’agit d’acheminer des informations en grand nombre, d’un point à un autre au travers différents ordinateurs. Mais les ordinateurs sont de technologies différentes, travaillant à des vitesses différentes. Plusieurs protocoles sont à l’origine employés, ce qui rend difficile la communication entre les différents points du réseau. Le protocole TCP/IP a été inventé pour s’imposer à tout le réseau d’ARPANET. Testé en 1977, il sera de fait imposé début 80’.

IP (Internet Protocol) permet de donner un destinateur et un destinataire à chaque petit paquet de donnée (un paquet est de plus ou moins 1500 octets), ainsi qu’un port. Ceci permet de le rendre indépendant des autres petits paquets. Chaque paquet envoyé depuis une machine peut parvenir à l’ordinateur qui l’a demandé par un chemin différent selon l’état du réseau (saturation, panne ou destruction).
TCP (Transmission Control Protocol) permet de vérifier que les deux machines sont prêtes à communiquer, que tous les paquets sont partis, et qu’ils sont tous arrivés, en gérant les doublons et les manquants éventuels.

Plus d’infos sur TCP/IP

Obsession occidentale pour la sauvegarde

Internet peut être relié à la peur toute occidentale de la perte de l’information. L’écriture est déjà une manière d’externaliser la mémoire, de rendre le support de l’information (les hommes) secondaires par rapport à l’information. Cette obsession pour la sauvegarde de l’information est palpable dans l’invention d’Internet, qui est un énorme système de duplication de fichiers. Chaque router sauvegarde des copies de fichiers, temporairement, et chaque information vue sur le net est copiée d’ordinateur en ordinateur.

Acheminer l’information de manière sûre, en garder une copie "au cas où" sont deux méthodes mise en place dès les années 60’.

Cette obsession n’est pas sans poser de nouveaux problèmes. A l’échelle de l’entreprise, sil n’est pas rare que l’on découvre que certaines personnes ont eu accès aux contenus des mails échangés par les employés. A l’échelle mondiale, plusieurs scandales ont éclaté, comme la découverte du système ECHELON ou la surveillance globalisée de la NSA et de la CIA dénoncée par Edward Snowden.