"International Dance Party", Niklas roy, 2007

Tags : installation, musique, electronique, participatif

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Dans la page d’entrée de son site, Niklas Roy dit simplement "l like to make things" et c’est de fait la parfaite définition de ce bricoleur allemand excentrique et énergique.

Intéressé aussi bien par l’électro-mécanique que la programmation, Roy a à son actif un bon nombre de prototypes : de l’escabeau motorisé à des prototypes de luges, la prise de courant auto-alimentée, le pong mécanique et même un urinoir de Duchamp de compétition à roulettes. Un humour potache traverse son travail, pas éloigné du français Paul Granjon. Mais Roy insiste sur la dimension participative : la plupart de ses machines sont destinées à être manipulée par le public, ce qui démontre sa confiance dans ses capacités techniques.

La combinaison de ces facteurs l’a amené à élaborer un objet complexe, connu sous le nom "International dance party". Il s’agit de la combinaison d’un sound-system, (ampli et hauts parleurs), d’un light-show, et d’un système de génération de musique (une techno assez carrée), le tout rendu autonome par des capteurs de mouvement.

Le International Dance Party se présente sous la forme d’une flight-case sur roulettes, attendant un minimum d’animation pour lancer une séquence rythmique simple. Si l’agitation augmente autour de l’appareil, il s’ouvre automatiquement et découvre aux visiteurs un panneau led multicolore, des hauts-parleurs, un gyrophare et quelques autres accessoires, tout en montant le son. Si les spectateurs réagissent en dansant (en produisant une activité plus forte), la machine répond en conséquence : le son se diversifie, le light-show se déploie, la machine va jusqu’à ajouter de la fumée et couper la lumière ambiante pour faire chauffer la salle.

L’expérience est la plupart du temps aussi inattendue que jouissive,simple et immédiate mais parfaitement menée à son terme, et loin d’être stupide. Politiquement, Niklas Roy suggère que l’on ne doit pas être spectateur mais acteur du dispositif. Si on en veut plus, il faut en donner plus. Ergonomiquement, il est sur le même terrain qu’une foule d’ingénieurs du qui travaillent en ce moment sur des dispositifs destinés à accompagner et motiver l’activité de leurs usagers. Roy propose un objet qui répond parfaitement à cet objectif, qui de plus est collectif et festif.

Un Pecha Kucha (présentation en 6 minutes et 40 secondes d’un projet) du projet International Dance Party est disponible.